Maïssa, Gestionnaire Copropriété

Maissa, Gestionnaire copropriété

Une série d’interviews de gestionnaires commence sur vivreencopropriété !

Bonjour Maissa, tout d’abord, un grand merci pour avoir accepté cette interview ! Vous êtes la première, je l’espère, d’une longue série de portraits de Gestionnaires de copropriété. Merci de présenter aux lecteurs de mon magazine votre parcours, et qui vous êtes.

Bonjour Claire et merci à vous pour cette interview. Je suis tout comme vous convaincue par l’importance de faire connaitre aux copropriétaires les personnes qui se cachent derrière les gestionnaires de copropriété, afin que notre métier soit mieux compris et donc perçu. Me concernant, j’ai 35 ans, et je suis diplômée d’un bac +5 en droit immobilier. J’ai suivi quelques cours en droit de la copropriété au 1er semestre et aussi quelques heures de formation dispensées par des syndics. J’ai 7 années d’expérience dans le métier de gestionnaire.

Maissa, avec un bac +5 vous aviez un large éventail de possibilités professionnelles : pourquoi avoir choisi le métier de gestion de copropriétés ?

Pour être honnête, j’ai choisi ce métier un peu par hasard après mon master 2 en droit immobilier qui était assez généraliste. J’hésitais encore entre plusieurs voies à l’époque ; une de mes amies a intégré un petit cabinet dans le 95, et j’ai moi-même été sollicitée pour remplacer une salariée quelques jours ; après ce remplacement, j’ai finalement été embauchée.

 Après cet essai visiblement réussi, qu’est-ce qui vous a motivé pour rester dans notre métier ?

Le métier de syndic me passionne pour son côté polyvalent. Il fait appel à de nombreuses disciplines (juridique, technique, comptabilité..)  et cela colle avec ma nature hyperactive. On apprend chaque jour et c’est très enrichissant. Je ne m’ennuie jamais, je crois que c’est une chance par les temps qui courent. Je suis très loin du “métro-boulot-dodo” dont beaucoup d’actifs se plaignent. Nos journées sont très variées, nous avons de nombreux évènements à gérer au quotidien. Nos journées se suivent, mais ne se ressemblent pas !

Vous avez raison, le métier de syndic est une profession de terrain : que préférez-vous au quotidien ?

 Je suis attirée par les dossiers les plus épineux qui nécessitent un maximum de réflexion et de travail de fond, ainsi que par les assemblées générales. Pour les réunions de copropriétaires, j’avais la boule au ventre à mes débuts par peur de ne pas savoir comment répondre à telle ou telle question, de ne pas pouvoir faire face à d’éventuels mécontentements des copropriétaires et de les décevoir. Avec l’expérience et les conseils précieux des séniors, j’ai peu à peu progressé et la tenue de l’assemblée générale est devenue mon moment préféré. C’est sur le terrain que la profession s’apprend finalement et c’est bien comme ça.

Y-a-t-il des activités du métier que vous aimiez peu ou moins ?

 Il est vrai que certaines tâches sont moins passionnantes que d’autres, comme la gestion des étiquettes de boîtes aux lettres et des badges d’accès. Mais bon, dans un métier, tout ne peut pas être parfait ! Ces activités sont minimes, et largement compensées par des dossiers passionnants ou les rencontres avec les copropriétaires.

Maissa, je crois savoir que vous avez une carte supplémentaire à jouer, un passe-temps personnel qui agrémente votre quotidien de syndic ?

Oui ! J’ai une passion, qui est assez distincte au départ de la copropriété : je suis scénariste et illustratrice de bandes dessinées en binôme avec ma petite sœur Mayada. Pour le moment, les deux chemins ne se sont pas encore rejoints, mais c’est un projet auquel je pense donner naissance : depuis quelques mois, je teste un nouvel exercice qui consiste à combiner ma passion pour le dessin et la copropriété.  Quelques thèmes de gestion courante ou des réflexions autour de la loi Elan ont été abordés avec un trait d’humour. Cela a recueilli pour le moment un bon retour des internautes et suscité quelques débats. La copropriété est une très bonne source d’inspiration et cela pourrait se développer selon plusieurs axes et avec plusieurs objectifs : divertir avec des sujets légers et mener des réflexions profondes sur l’actualité de l’immobilier et le droit de la copropriété.

Dans la profession, beaucoup de choses ont changé ces derniers mois, avec notamment la création de l’Association Nationale des Gestionnaires de copropriété ; en êtes-vous membre ? Et si oui quelles sont vos raisons pour y avoir adhérer ?  

Oui, j’ai adhéré à l’A.N.G.C., voilà plusieurs mois, pour plusieurs raisons : c’est avant tout un groupe d’entraide et d’écoute entre gestionnaires. Chacun expose aux autres des anecdotes rencontrées dans le cadre de son travail. De la fuite du vendredi soir à la plainte de Monsieur X pour les crottes de chien laissées dans les parties communes par son voisin de palier : on s’y reconnait globalement tous. On échange aussi des conseils et des avis pour différents sujets plus ou moins complexes. En équipe, on résout des cas pratiques. Cet échange direct est complété par des articles de fond constructifs et riches très que nous recevons régulièrement.

Ensuite, l’A.N.G.C. a cet objectif de revaloriser l’image du syndic et de donner aux jeunes l’envie de s’y intéresser. Je trouve cette ambition très importante ; le métier souffre d’un déficit de jeunes recrues, et il reste encore mal connu pour la plupart des copropriétaires. Maintenant que l’A.N.G.C. existe et est reconnue par nos Fédérations, on se demande même pourquoi elle n’existait pas avant !

Le métier de gestionnaire est difficile ; nos journées sont longues, parfois physiques, quand il s’agit de monter sur une couverture ou de monter 4 cages d’escalier sans ascenseur dans la même journée, pour se terminer par une assemblée générale ou un conseil syndical ; recommanderiez-vous en définitive votre métier aux jeunes diplômés ?

Oui complètement, car c’est une profession enrichissante, qui allie beaucoup de relationnel et de découvertes. Pour éviter les déconvenues, je pense quand même que cela doit passer par un stage qui pourrait inciter les étudiants à découvrir la profession. Ensuite, sur le terrain, il ne faut pas oublier d’accompagner nos juniors par un gestionnaire confirmé, pédagogue et passionné par son métier. La transmission est une des clés de la réussite.

D’après vous, que faudrait-il améliorer dans notre profession ?

Sans aucun doute, la recodification du droit de la copropriété : elle est en cours, et va permettre d’éclaircir nombres d’incohérences. Ce travail doit être à mon sens effectué en concertation avec l’ensemble des syndics. Les acteurs du métier (gestionnaires, assistants et comptables) devraient participer à des interviews, et il faudrait réaliser des enquêtes sur le terrain. Cela éviterait que des dispositions complètement absurdes soient adoptées et que persiste un écart énorme entre la théorie et la pratique, tel que nous le vivons depuis de nombreuses années. Cela porte préjudice à notre métier car souvent, nous sommes contraints d’appliquer des textes sans cohérence, et nos clients, les copropriétaires, ne le comprennent pas toujours.

Y-a-t-il selon vous des éléments à modifier dans la employeurs-salariés dans notre profession ?

Je ne sais pas si je peux répondre, à vrai dire je n‘ai pas de suggestion car je suis tombée cette fois-ci sur l’employeur idéal, bienveillant, rassurant et constructif (je sais, je vais faire des envieux !). Le gérant de ma société ne souhaite pas nous surcharger en nombre d’immeuble et privilégie le travail de qualité associé au confort des collaborateurs ; je n’avais pas rencontré ces qualités réunies auparavant.  

Merci beaucoup Maïssa pour ce portrait, je vous souhaite une longue et heureuse carrière.

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